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les photos de louiza ammi ont déjà fait le tour du monde à travers les prestigieux journaux avec lesquels elle collabore régulièrement. a 36 ans, elle fait déjà figure de référence pour la nouvelle génération de femmes photographes qui émerge en algérie. fadéla ouamrane, 25 ans, en fait partie. apn s'est entretenu avec ces deux professionnelles de l'image. une occasion de confronter leur regard, leur parcours et les embûches qu'elles affront
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ent.
apn : comment êtes-vous venues à la photo de presse?
louiza ammi: je suis venue à la photographie par mon frère, qui après avoir étudié aux etats-unis, est rentré en algérie avec un matériel photo qui m'avait fasciné. c'est ainsi qu'est née mon envie. après le baccalauréat, je cherchais un métier qui me permette de bouger et de m'exprimer. j'ai joué les apprenties auprès de mon frère. avec lui, j'ai appris l'essentiel de la pratique et de la théorie.
constatant mon intérêt pour la photo de presse, il m'a mise en contact avec un de ses amis photographes, medjkane nasser. j'ai ensuite suivi une formation de deux ans au cndpi (centre national de documentation, de presse et d'information). j'ai fait mes débuts au sien du quotidien d'algérie comme stagiaire puis à la tribune et aujourd'hui je travaille pour liberté.
fadéla ouamrane : devenir photographe était un rêve de petite fille. ma mère m'a encouragé en m'accompagnant aux expositions photos et c'est d'ailleurs comme ça que j'ai rencontré louiza qui était déjà connue. j'ai discuté avec elle et cette rencontre a été décisive. je n'aurais jamais crû à l'époque que l'on deviendrait consoeurs et amies ! j'ai suivi une formation de reporter photographe puis effectué un stage de six mois au quotidien le matin. j'ai ensuite travaillé pour alger républicain et je collabore aujourd'hui avec l'aps (algérie presse service)
apn : quels ont été les moments les plus forts dans votre carrière?
la : il y a eu beaucoup de moments forts et ... douloureux. je pense notamment aux massacres de bentalha, sidi elkebir et relizane [ndlr : villages algériens pris pour cible par des groupes islamistes armés dans les années 90].
fo : le reportage qui m'a le plus marqué est celui que j'ai effectué dans le sahara occidental dans les camps de refugiés. ce sujet m'a énormément marqué parce qu'il était nouveau pour moi et j'ai découvert une autre culture, une autre façon de vivre. les personnes que j'ai rencontrées m'ont impressionné par leur courage malgré toutes les difficultés qu'elles rencontraient au quotidien. ceci étant, la photo que je préfère montre une algéroise en haïk [ndlr : voile traditionnel] cherchant de la nourriture dans des poubelles au milieu des chats et des ordures. c'est choquant mais elle illustre la triste réalité.
apn : quelles améliorations estimez-vous nécessaires pour votre profession en algérie?
la : une formation solide fait encore défaut. il faudrait aussi donner la possibilité aux photographes de suivre des stages de formation continue parce que la technologie évolue rapidement.
j'en appelle aux éditeurs pour qu'ils investissent dans ce métier noble et qui a sa valeur journalistique. ils n'ont qu'à regarder ce que fait la presse étrangère !
nous, les photographes de la génération du terrorisme n'étions pas nombreux. au début des années 90, l'exil de plusieurs photographes et journalistes a laissé le terrain libre aux novices comme nous. la situation était très difficile non seulement sur le plan politique et sécuritaire mais aussi au niveau professionnel : salaires très bas, pénurie de matériel, conditions de travail anarchiques... le pire était peut-être l'absence d'encadrement. je ne savais rien du reportage de guerre et j'ai appris toute seule sur le tas. je voudrais pouvoir transmettre mon expérience aux jeunes photographes.
fo : le statut de la photo dans la presse devrait être valorisé ce qui est loin d'être le cas actuellement. elle est considérée comme accessoire par rapport à l'article. le photographe est traité comme un bouton que l'on presse. une photo peut pourtant faire le tour du monde et marquer les esprits et résumer à elle seule des pages de mots.
apn : quels obstacles devez-vous affronter ?
la : sur le terrain, nous sommes notamment confrontés aux services de sécurité mais aussi aux personnes qui ne souhaitent pas être prises en photo. j'ai l'impression parfois que je brandis une arme à voir tant d'hostilité. l'autre éternel problème est le traitement réservé à l'image dans la mise en page des journaux.
fo : les rapports avec les personnes que l'on photographie sont parfois tendus. d'autre part, certains événements sont plus difficiles à couvrir pour une femme. je pense aux attentats, aux émeutes ou aux matchs de football. quand il faut jouer des coudes, j'entends souvent si tu étais une fille de bonne famille tu ne pousserais pas comme ça au milieu des hommes . je n'accorde aucune importance à ce genre de remarques. j'ai choisi ce métier et je l'aime. en revanche, pour nous, photographes femmes, il est plus facile d'entrer dans les maisons et les rassemblements féminins. concernant mes collègues masculins, j'ai dû leur prouver que j'étais aussi compétente qu'eux. mes supérieurs surtout avaient des appréhensions. depuis je les ai convaincus et ils me confient des reportages habituellement réservés aux hommes.
apn : que pensez vous de la place de la photo dans les journaux algériens?
la : elle n'a pas vraiment sa place et tout dépend de l'événement. c'est la tronçonneuse, le charcutage de l'image pour placer de la publicité ou des pavés . il faut des directeurs photos dans nos journaux. malheureusement le photographe est considéré comme un simple photocopieur, une sorte d'imprimante à deux pattes.
fo : la photo n'est pas appréciée à sa juste valeur en algérie.
apn : quelle photo voudriez-vous prendre?
la : je voudrais faire un reportage sur les femmes et les enfants pour dénoncer toutes les atteintes à leurs droits.
fo : j'aimerais avoir du temps pour des reportages dans le pays profond mais aussi à l'étranger pour découvrir de nouvelles couleurs et de nouvelles expressions.
apn : quels sont vos projets ?
la : je prépare un livre. il s'agit d'une série de portraits en lien avec la tragédie nationale [ndlr : la période de guerre civile des années 90 en algérie] afin que nul n'oublie ce qui s'est passé. et je continue à chercher des financements pour monter ma propre agence photo.
fo : un livre, une exposition et d'autres projets !
apn : quels obstacles devez-vous affronter ?
la : sur le terrain, nous sommes notamment confrontés aux services de sécurité mais aussi aux personnes qui ne souhaitent pas être prises en photo. j'ai l'impression parfois que je brandis une arme à voir tant d'hostilité. l'autre éternel problème est le traitement réservé à l'image dans la mise en page des journaux.
fo : les rapports avec les personnes que l'on photographie sont parfois tendus. d'autre part, certains événements sont plus difficiles à couvrir pour une femme. je pense aux attentats, aux émeutes ou aux matchs de football. quand il faut jouer des coudes, j'entends souvent si tu étais une fille de bonne famille tu ne pousserais pas comme ça au milieu des hommes . je n'accorde aucune importance à ce genre de remarques. j'ai choisi ce métier et je l'aime. en revanche, pour nous, photographes femmes, il est plus facile d'entrer dans les maisons et les rassemblements féminins. concernant mes collègues masculins, j'ai dû leur prouver que j'étais aussi compétente qu'eux. mes supérieurs surtout avaient des appréhensions. depuis je les ai convaincus et ils me confient des reportages habituellement réservés aux hommes.
apn : que pensez vous de la place de la photo dans les journaux algériens?
la : elle n'a pas vraiment sa place et tout dépend de l'événement. c'est la tronçonneuse, le charcutage de l'image pour placer de la publicité ou des pavés . il faut des directeurs photos dans nos journaux. malheureusement le photographe est considéré comme un simple photocopieur, une sorte d'imprimante à deux pattes.
fo : la photo n'est pas appréciée à sa juste valeur en algérie.
apn : quelle photo voudriez-vous prendre?
la : je voudrais faire un reportage sur les femmes et les enfants pour dénoncer toutes les atteintes à leurs droits.
fo : j'aimerais avoir du temps pour des reportages dans le pays profond mais aussi à l'étranger pour découvrir de nouvelles couleurs et de nouvelles expressions.
apn : quels sont vos projets ?
la : je prépare un livre. il s'agit d'une série de portraits en lien avec la tragédie nationale [ndlr : la période de guerre civile des années 90 en algérie] afin que nul n'oublie ce qui s'est passé. et je continue à chercher des financements pour monter ma propre agence photo.
fo : un livre, une exposition et d'autres projets !
102 lectures Source : E marrakech Par: APN Proposer par: Lina |