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l'acteur belge, spécialisé dans les films d'action hollywoodiens, revient au grand écran de manière inattendue. dans jcvd , de mabrouk el mechri, jean-claude van damme trouve son meilleur rôle, entre fiction et réalité.
venu au festival de cannes avec femme et enfants, jean-claude van damme, serein, s'est livré aux interviews pour présenter le film de mabrouk el mechri, jcvd , qui sort aujourd'hui dans 350 salles. un long-métrage o
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ù le héros belge des films d'action hollywoodiens, maintes fois caricaturé pour ses propos nébuleux et ses attitudes erratiques, se livre, à 47 ans, à une confession étonnante sur son passé.
en jouant dans jcvd , aviez-vous la volonté de casser votre image ?
jean-claude van damme.
d'une certaine manière, oui. déjà, faire un film en français, c'était le meilleur moyen d'exprimer ce que je ressens. en plus, la réalité se mêlait à la fiction. j'ai dû revenir sur mon passé, revisiter ma biographie. dans jcvd , on démarre par une situation sérieuse - un braquage - puis on assiste à ma confession au poste.
ce monologue est un moment très fort. vous racontez vos dérives, la drogue, les aléas de votre carrière. c'était difficile à jouer ?
c'était la vérité. j'ai divisé le personnage en deux, l'acteur et moi. et quand j'ai vu le film, j'étais une troisième personne. Ça m'a un peu choqué de voir cette scène, j'ai mis une semaine à m'en remettre. la deuxième fois, je me suis mis à chialer comme un gosse.
j'ai beaucoup de petits cubes de pensée, et je dois me concentrer pour rester conscient
comment s'est passé le tournage ?
c'était sympa car on a tourné à schaerbeek (belgique), un quartier un peu chaud, très populaire, avec des gens qui viennent d'afrique du nord, de turquie, de partout. eux, c'est mon public ! ce sont des gens qui ont rêvé devant mes films. ils étaient contents de côtoyer le type qui les a fait rêver. et moi, je suis pas un mec qui me prend pour une star. en plus, je sais pas dire non, c'est d'ailleurs ce qui m'a joué des tours dans ma vie.
on vous sent apaisé. les excès sont derrière vous ?
oui, ça va mieux. j'ai 47 ans, beaucoup plus de maturité. sans la faire à l'américaine, il y a aussi une question de chemical balance (ndlr : équilibre chimique) . je fais partie des gens qui ont des hauts et des bas dans une journée. alors, pour rester d'humeur neutre, je suis un programme très spécial. car je suis un mec qui pense un peu trop vite. j'ai beaucoup de petits cubes de pensée, et je dois me concentrer pour rester conscient, aware comme on dit (rire) .
j'ai souffert
au début du film, vous n'avez plus d'agent, plus de propositions, on vous a escroqué. c'est une situation que vous avez connue ?
non. je crois que j'aurais pas supporté ce choc-là. je suis un gamin de bruxelles venu aux etats-unis avec rien. j'ai fait les poubelles, j'ai souffert pendant cinq-six ans. alors, quand le succès est arrivé, j'ai pas lâché cette corde. j'ai enchaîné les films, fait quinze fois le tour du monde. mais j'étais fatigué. alors, je me suis un peu laissé aller. la drogue, le sexe, tout ça. j'ai dit merde à tout. c'était salutaire, sinon je serais tombé encore plus bas, plus dangereusement. maintenant, ma carrière sera meilleure qu'avant.
avez-vous l'impression de prouver que vous êtes vraiment un bon acteur ?
je suis meilleur, c'est vrai. j'espère que les gens vont s'en apercevoir, qu'on verra ce film aux etats-unis et en asie. on verra bien ce qu'on me propose ensuite. j'ai envie de continuer à faire des films d'action, mais je ne peux plus faire des trucs style kung-fu avec des mecs qui me tirent dessus au 44 magnum. pas physiquement, car j'ai la forme, je m'entraîne dur pour ça. mais au niveau de l' acting . c'est pas satisfaisant. pour croire aux dialogues, il faut que je dise la vérité.
etes-vous heureux ?
quand je vois la misère qui se passe dans le monde, oui, je me dis que mon sort est enviable. mais c'est dur pour des mecs comme nous d'être heureux. on est amoureux de l'audience. alors quand tu en perds un peu, ça te manque.
vous vivez toujours à los angeles ?
non, je vis à hongkong. c'est là que j'ai fait mon premier film, en 1986, on m'y a bien traité. et j'ai toujours cette nostalgie. mais il se peut que je déménage à monaco, parce qu'il n'y a rien qui vaille le blue azur .
49 lectures Source : Le Parisien Par: Hubert Lizé Proposer par: Lina |